Ce genre de machine, on n’en croise pas tous les jours. Déjà, parce que c’est un Coaster qui fait aussi dark ride, et que ce genre de modèle coûte extrêmement cher, et qu’il est très difficile à mettre en scène et à thématiser. Ensuite, parce que c’est une attraction signée de Dynamic Attraction. Vous n’avez jamais entendu parler de ce constructeur? C’est normal, il s’agit d’une société soeur de Dynamic Structure, qui fabrique des attractions multimédias parmi les plus complexes du monde, ils ont notamment travaillé en étroite collaboration avec des parcs et des constructeurs pour l’élaboration de machines très originales, je pense à Dinoconda, Test Track, Radiator Springs, Forbidden Journey, Soarin, Chasseur de Tornade… Autant vous dire que leur CV est assez impressionnant!
Mais l’un de leurs projets les plus ambitieux est sans nul doute le FX Coasters, mélange entre le coaster multi-dimension couplé à leur savoir-faire en termes d'ingénierie, de portions dark rides et d’effets track.
En résulte donc des modèles très ambitieux, encore plus que ce que propose Intamin avec Gringott ou Uncharted.
Actuellement, deux projets de FX coasters ont concrètement été mis en chantier. Mission Ferrari, et un autre en Malaisie thématisé sur Alien Vs Predator, dans le park Genting Skyworld.
Le premier a commencé à être en projet en 2015 (pour une ouverture en 2023 tout de même), le deuxième n’aura jamais vu le jour, et ne le verra probablement jamais, puisque l’entreprise Dynamic Attraction a déclaré banqueroute, achevé par des complications à répétition, avant d’être vendue en 2023.
L’attraction a donc ouvert dans la douleur, avec un coût qui a excédé 10 millions de dollars de plus que la somme initiale. L’investissement vaut le coup pour le parc? Pas sûr…
La parenthèse historique c’est bien beau, mais la question qu’on se pose tous, c’est est-ce que c’est bien? Attention, la review comporte des spoilers.
Avant de s’engouffrer dans la file, on dépose toutes nos affaires dans des casiers situé devant le ride, comme à Flying Aces. La file est assez moche et kitch, avec des gros boutons rouges qui clignotent, un écran à faible résolution qui nous explique une storyline digne d’un dessin animé diffusé sur Gulli à 16h pendant que tu manges ton goûter, et un animatronique complètement aux fraises situé en hauteur qui ne semble posséder que deux axes de rotations, le bassin et la bouche.
La file avance assez lentement du fait de la faible capacité des trains, mais les opérations de qualité correcte ne sont pas trop frustrantes. On découvre un train à la configuration encore plus originale que celle de Turbo Track: l’avant comporte une rangée de 4 sièges, l’arrière une rangé de 5. C’est étrange, mais au moins on a pu systématiquement avoir le front puisque nous étions 4 durant ce trip.
Et c’est non sans excitation qu’on embarque et que la dispatch est donnée, et wow, quelle claque!
Mission Ferrari est sans doute le coaster le plus abouti de son type. La storyline n’est pas forcément des plus travaillées (projet de Ferrari blablabla les méchants veulent la Ferrari blablabla…), mais elle suffit largement et elle est parfaitement intelligible.
La thématisation à bord du ride est de très bonne facture lorsqu’il s’agit des décors physiques, un peu décevants lorsqu’on parle des écrans, qui sont malheureusement en majorité, avec une résolution très mauvaise et un manque de luminosité par moment. Qu’on se rassure, on reste quand même bien au-dessus d’un Uncharted à ce niveau là.
Côté parcours, c’est excellent. Il y a des bons launchs, avec un kick très sympathique sur le premier, des changements de directions et des airtimes réussis, une inversion très chouette en extérieure et même un looping en marche arrière dans le noir.
Mais ce qui fait la force de Mission Ferrari, c’est de proposer des effets tracks qui fonctionnent très bien. La TurnTable - Tilt - qui envoi en arrière fonctionne parfaitement, de même que celle qui permet de descendre en biais une drop vers la fin du parcours.
En prime, le tout dans une fluidité exemplaire, si on excepte le freinage final pris sur le côté qui assène un coup regrettable tant la copie rendue était propre.
Pour ma part, je valide complètement cette machine, très originale. Le point noir vient clairement des écrans, le ride gagnerait beaucoup à moderniser ses médias, mais pour le reste, j’en redemande et je regrette vraiment que la copie malaisienne ne voit jamais le jour tant celle-ci nous promettait ce qui aurait pu être le meilleur coaster dark ride du monde.